Descendre les Gorges de l’Ardèche… à pied !

RL gorges Ardèche randonnée

Il y a des amies comme ça avec qui chaque weekend passé ensemble devient carrément une aventure ! Cela avait commencé dans les Ecrins à devoir monter 1km en 1h (vive le dénivelé), puis a continué dans les Dentelles de Montmirail où l’on devait se perdre pour mieux trouver son chemin… Et puis maintenant les Gorges de l’Ardèche !
On est quand même chanceuses, car ce fut une randonnée haute en couleur, riche en rebondissements, mais en informations erronées.
Allez, viens, je te raconte tout ça !

 

Un début fait d’aller-retour

Les meilleures randonnées arrivent-elles par hasard ? Car clairement, ce weekend-là nous n’aurions pas dû nous retrouver en territoire ardéchois, mais bien sillonner le plateau des Ecrins pendant trois jours. Sauf que… oui sauf que les nuits prévues à 7° nous ont légèrement refroidis (c’est le cas de le dire !). Du coup, hop alternative et nous voici à lorgner sur les Gorges de l’Ardèche grâce à i-trekkings, 24km, 2 jours au lieu de 3 prévus. Deal.

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Premier passage à gué

Oui, mais non. C’est une randonnée qui prévoit des passages à gué par deux fois. Et si l’eau est trop haute et bien on coule pardi. Nous avons donc été sur le qui-vive toute la semaine à scruter la météo, appeler les gérants du bivouac pour s’en assurer. La pluie était plutôt d’accord avec nous pour ne pas se montrer après le gros orage du weekend. Mais c’est sans compter les barrages qu’ils ont décidés d’ouvrir, faisant monter le niveau d’eau. Honnêtement, le vendredi encore, nous ne savions pas si nous allions les descendre à pied, en canoë ou si nous allions devoir faire la dernière partie en aller-retour, la première étant impraticable. Les deux dernières alternatives n’étaient évidemment pas nos préférées.

Nous sommes alors tombées sur une gentille dame à l’office du tourisme nous expliquant qu’il est possible de contourner les passages à gués en empruntant un autre sentier de randonnée. 5km de plus au compteur, mais l’assurance d’alterner réellement les paysages et les expériences.

C’est donc confiantes que nous avons fermé les yeux ce soir-là. Nous n’étions pas au bout de nos surprises.

Savoir s’organiser pour mieux partir

La randonnée que nous avions choisie n’étant pas une boucle, il nous fallait trouver une alternative pour revenir au point de départ et à la voiture. Comme le site l’explique très bien, les centres de locations de canoë acceptent de nous remonter en même temps que leurs clients moyennant 10 € par personne. A part ça, il n’y a que l’auto-stop qui s’offre à vous.
Deux choix sont également possibles :
• Garer son véhicule à l’arrivée de la randonnée et se faire monter le matin à 8h30,
• Ou bien garer son véhicule au départ de la randonnée et se faire remonter le soir avant 17h.
A chaque fois, nous avons choisi la première alternative, par sécurité.

Souvenez-vous, nous sommes alors confiantes. Et c’est avec motivation que nous nous présentons au parking pour être remonté à Vallon-Pont-d’Arc. Le conducteur est adorable, il nous fait passer par la route des Gorges nous permettant d’avoir un premier aperçu de ce qu’il va nous attendre une fois en bas. Ça a juste l’air sublime. Il nous raconte différentes anecdotes comme ces chèvres que nous croisons, devenus sauvages à la suite des propriétaires décédés ou sans argent. Elles sont à la fois sociables et fuyardes. On apprend aussi que l’un des campings est maintenant fermé faisant de lui un futur urbex. Ou encore qu’un camping naturiste nous attend sur le sentier de la randonnée, mais ça va nous sommes en basse saison, il y a moins de monde. Bref, c’est tout un tas de ragots local qui nous met le sourire aux lèvres.

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Cette nuit-là, le niveau de l’eau a baissé, mais il aurait alors remonté pour cause de travaux sur les barrages. Les passages à gués sont tout juste praticables. On vous le donne en mille. L’office du tourisme nous déconseille d’y aller, mais les gérants de location de canoë ne partagent pas le même avis. De l’eau maximum jusqu’au milieu de la cuisse et marcher toujours face au courant pour ne pas se faire emporter. C’est donc armés de ces précieux conseils et avec la conviction que si jamais on ne peut pas traverser, des canoës nous aideront, nous nous rendons au début du sentier. Merci encore une fois le conducteur du bus qui accepte de nous y poser, nous évitant au passage des routes dangereuses et quelques kilomètres en plus.

Jour 1 : de Vallon-Pont-d’Arc au bivouac de Gournier

En à peine quelques mètres, nous sommes happées par la nature. Les bruits de la route semblent lointains et la rivière, elle bien au contraire, nous laisse suggérer une arrivée imminente. Nous sommes seules. Ne croisant que quelques personnes sur les chemins. C’est très agréable et on se dit alors que l’on a bien fait de choisir malgré tout cette randonnée, qui plus est en basse saison.
Nous avançons à un bon rythme, le dénivelé est presque inexistant et nos sacs bien chargés pour deux jours ne nous dérangent en rien. C’est le bonheur.
Nous oscillons à travers des paysages magnifiques, nous rendant toutes petites faces à ces deux falaises imposants qui nous entourent.

RL gorges Ardèche randonnée

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Très vite nous atteignons le premier passage à gué. L’eau est si translucide que nous pouvons voir les cailloux au fond. La traversée nous semble faisable, mais par précaution nous alpaguons un canoë qui s’approche. Ils prennent nos sacs, rendant le trajet plus facile pour nous. Et nous avons bien fait. Au milieu l’eau monte quand même jusqu’au genou et le courant dans ces petites rapides est parfois assez dru. Clairement, les sacs nous auraient fait tomber. On est bien contents d’avoir trouvé deux âmes charitables pour nous aider.

On enchaîne petites montées et descentes rapides pendant encore plusieurs kilomètres avant d’atteindre enfin véritablement les falaises. Commence alors une autre sorte d’aventure, plus sportive. Des échelles nous attendent, ainsi que des mains courantes pour traverser cette fois-ci non pas l’eau, mais des passages rocheux sillonnés durant des années par la rivière. Les paysages changent en à peine quelques secondes. D’un sous-bois bien garni, nous traversons alors des blocs de roches, accompagnés parfois de plage de cailloux et de sable fin. C’est incroyable cette diversité en si peu de temps.

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Le soleil est heureusement de la partie et en cette fin septembre il est plus agréable que suffoquant.
Notre pause midi nous permet de mieux apprécier les œuvres d’art qui se cachent dans les falaises. Ou bien d’admirer à loisir les canoës qui traversent parfois de jolis rapides. Ils sont tout de même assez nombreux je trouve, même si j’imagine qu’eux aussi ont de la chance et que la rivière doit être bien plus surchargée en plein été.

On repart motivées, toujours autant sublimées par les panoramas que nous traversons. Parfois, l’eau a tellement grignoté la roche qu’on a l’impression de se trouver en terre volcanique.

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Tout le long du chemin, on espère rencontrer quelques espèces animales. Mais à part des oiseaux, nous ne serons pas chanceuses Ce n’est pas bien grave au final, vu la suite de nos aventures.
Nous nous approchons en effet du deuxième passage à gué et la traversée apparaît alors plus tumultueuse et bien plus profonde.
Mon amie entend soudain au loin l’arrivée de canoë. Les mêmes que nous avons vu se prélasser au soleil il y a quelques dizaines de minutes. Pour nous, c’était clairement les derniers, cela faisait un moment que nous n’en avions pas vu d’autres et nous ne pouvions pas les laisser passer sans tenter notre chance.

On se met alors à les appeler et ce n’est pas un canoë qui vient à notre rencontre, mais le groupe complet. Au final on se retrouve face à cinq canoës près à nous accueillir à bord.
Cette traversée, rebaptisée « canoë stop » aura été la cerise sur le gâteau de notre journée.
Nous montons chacune sur un canoë et un troisième attrape nos sacs. Et nous voilà à traverser les rapides pour arriver à bon port.

« Les filles, on sera franchement forts, si à trois canoës on arrive à vous déposer vous et vos sacs au même endroit »

C’est vrai, la remarque est bonne. Mais scoop info, ils ont été très forts. Sans compter que ce passage à gué n’est pas des plus faciles. Il faut en effet traverser la rivière jusqu’à son milieu puis filer tout droit pour atteindre une masse de caillou pour ensuite rejoindre plus loin le sentier de randonnée. Tout cela cumulé aux rapides à traverser. Ils ont simplement géré car c’est tous au même endroit que nous arrivons. Et pour nous, les sensations étaient géniales. Nous qui hésitions à descendre les gorges en canoë à cause du niveau de l’eau, nous voilà en train de véritablement le faire sur quelques mètres. On remercie chaleureusement nos sauveurs que nous ne recroiserons surement jamais, mais dont nous nous souviendrons longtemps.

RL gorges Ardèche randonnée

Ce passage à gué marque la fin de la première partie de la randonnée. En effet, le bivouac n’est plus très loin maintenant. Il est seulement 15h, nous ne nous pensions pas l’atteindre aussi tôt. D’ailleurs il est désert à notre arrivée. On retourne donc sur la plage pour profiter du soleil et d’un peu de repos avant de monter la tente.

Le bivouac de Gournier

Le parc naturel des Gorges de l’Ardèche est interdit de bivouac sauvage afin d’éviter une trop grande dégradation de la nature. Une seule alternative s’offre alors : un bivouac contrôlé, moyennant 10€ la nuit pour planter la tente. Il est possible de louer un marabout pour ceux qui le souhaitent, sorte de tente militaire. Des barbecues sont à disposition et les lieux offrent même le charbon. C’est vraiment parfait. Bon peut-être pas les douches remplies de moustiques et araignées, mais ça c’est un autre problème.

Jour 1 – 12km – 5h15 avec pause

Du bivouac de Gournier à la plage de Sauze (St Martin d’Ardèche)

Le lendemain matin, nous décidons de ne pas partir trop tard, tout en profitant tout de même d’un bon petit somme. La veille au soir, nous avons pu bénéficier du spectacle infini des étoiles, allongées sur la plage. La voie lactée était également présente pour nous enchanter. Tout comme les étoiles filantes que nous avons scrutées pendant un moment. Instant parfait.

9h les sacs sont prêts et nous voilà parties. Nous avons mis moins de 5h sans pause pour parcourir la première partie de la randonnée. Et la deuxième partie semble être du même gabarit à une heure près. On est donc plutôt confiantes.

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Les premières minutes nous mettent vite dans l’ambiance. Le dénivelé sera en effet plus imposant et coincé en pleine montagne au milieu des arbres. Nous croisons tout de même à de multiples reprises la rivière. Nous pensons alors que nous serons principalement en hauteur en cette deuxième journée quand le sentier descend à pic vers une plage…pour mieux remonter plus loin.
En fait, ce sera le même scénario tout le long de la journée. Quand nous pensons ne plus apercevoir l’Ardèche, elle réapparaît par magie devant nos yeux et une plage nous y attend.

Malheureusement, ça on ne peut pas le deviner et plutôt que de prendre notre repas du midi au bord de l’une d’elle, nous dégotons une jolie vue plongeante sur le filament de la rivière. On n’est pas déçues du résultat.

RL gorges Ardèche randonnée

Pensant être sur un bon rythme en comparaison de la veille, on s’octroie même une pause de plus quand nous recroisons une plage sur notre chemin. Très optimistes, on se voit déjà plonger pour se rafraîchir un bon coup. Mais c’est une eau glacée qui nous attend, accompagnée de rochers vaseux et glissants. Qu’importe, on y glisse quand même nos pieds et trouvons le courage d’avancer jusqu’aux genoux, se faisant au passage grignoter nos doigts par les poissons. Pourquoi aller dépenser une fortune dans un de ces centres quand nous pouvons avoir un massage des pieds gratuit en plein milieu de l’Ardèche ?

Le sable fin aura ensuite raison de nous et on s’improvise une courte sieste jusqu’à l’arrivée de canoës plus bruyants que les autres. Le bruit de l’eau a toujours eu cet effet reposant sur moi et je me délecte de ces quelques minutes dans un silence presque total.
Malheureusement il faut reprendre notre chemin. La vie réelle nous rappelle à l’ordre et nous voici de nouveau sur nos pieds, nos sacs à dos commençant à bien se faire sentir.
Tellement d’ailleurs qu’on se demande combien de temps il nous reste avant d’arriver. Enfin surtout moi.

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On croise alors un gentil couple de retraités qui nous informent que nous n’avons en réalité pas effectué la moitié du nombre de kilomètres de la journée et qu’il nous reste encore presque 2h de marche. Gros rappel à l’ordre. Il est presque 15h et nous avons pas mal de route en voiture qui nous attendent afin d’être sûr que mon amie puisse monter dans son train.
On accélère le pas.

Et presque 1h après avoir croisé le couple, une autre personne nous apprend qu’il nous reste là encore 2h de route. Puis, 1h plus tard la personne nous dira qu’il reste 1h30 environ. Cette randonnée n’en finit pas de s’allonger et on ne sait plus qui croire au final ? L’auraient-ils fait exprès pour ne pas nous déprimer dès le départ. J’en doute ! Mais ils ont quand même clairement un souci avec les notions d’heures. Ou alors nous avançons vraiment à pas de souris.

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Heureusement, la randonnée alterne encore une fois avec sous-bois et alpinisme entre les rochers.
Notre chemin croise de nouveau des mains-courantes et autres escaliers. Nous parvenons même à une grosse où il faut ramper entre deux rochers pour pouvoir sortir. Ça nous paraissait tellement incongru qu’on a mis un moment à se lancer. Le passage était étroit, nos sacs passant à peine, on se posait clairement la question de la faisabilité. On essayait de trouver un autre chemin, mais non les flèches étaient formelles. Et les voix entendues de l’autre côté des rochers nous ont décidé à nous lancer, un grand sourire au visage.

Petite anecdote tout de même que les passionnés de canoë connaissent bien… le long des gorges se trouve un camping naturiste qui comprend une plage avec vue sur l’Ardèche.Jusque-là aucun soucis. Ça peut mettre un peu mal à l’aise quand on sait qu’en randonnée et bien il faut passer par cette plage. A la limite.Mais nous, ce qui nous a interloqué c’est quand nous avons dû ramper entre les deux rochers pour continuer notre chemin. Un peu plus tôt nous avons justement croisé un naturiste en pleine randonnée. Et là on s’est dit « aouch » ! Oui, lui aussi il a dû passer par là. Et on se demande bien comment il a pu faire sans se faire mal 😀

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Du coup, ces péripéties fortuites nous redonnent le sourire, laissant l’heure de côté quelques instants. Je vais être honnête, on aura quand même plus galéré lors de ce deuxième jour. Il est vrai qu’il faut prendre en compte la journée de la veille et les sacs à porter. Le tout combiné avec un dénivelé certes petit, mais des montées et des descentes sans arrêt.

Au final, nous aurons mis 7h avec les pauses pour 5-6h de marche annoncées.
Et c’est bien heureuses que nous avons enfin vu le parking où nous attendait sagement la voiture. On était tellement éreintées qu’on a décidé de se requinquer avec une bonne glace, vue sur l’Ardèche.

Jour 2 – 12km – 7h avec pause

Résumé et conseils

_ Si vous décidez de faire la randonnée en deux jours, pensez bien à réserver votre place au bivouac, surtout l’été.

_ D’ailleurs, en tant que randonneurs il ne faut pas réserver sa place directement en ligne, mais appeler directement le centre qui gère le bivouac. Ils préfèrent recevoir un chèque qu’ils encaisseront uniquement si les passages à gués sont praticables. On ne le savait pas et ce n’est indiqué nulle part sur le site.

_ La randonnée est très agréable même si très sportive. Elle se fait bien avec de légers dénivelés et de nombreuses montées/descentes en deuxième partie.

_ Le balisage de la randonnée est assez visible et facile à suivre. Il y a eu quelques fois où on l’a perdu de vite, mais on l’a vite retrouvé. Globalement c’est « toujours tout droit ».

_ Autant la première partie comporte des pancartes indiquant des intermédiaires avec temps restant pour y arriver. Autant la deuxième partie n’en a aucune. Ça nous a bien pénalisé pour le coup car à de nombreuses reprises on s’est demandé où on en était et s’il restait encore long à marcher.

_ Enfin, il existe un deuxième bivouac, celui de Gaud, ouvert uniquement l’été. Il suffit de se renseigner auprès de l’office du tourisme de Vallon-Pont-d’Arc pour avoir toutes les informations.

Matériel emmené
_ 2 sacs à dos 30L et 30L+,
_ 1 tente trek 2 personnes,
_ 2 sacs de couchage,
_ 2 tapis de sol,
_ 1 réchaud,
_ 1 casserole et nécessaire pour manger,
_ De la nourriture pour 2 jours,
_ Une éponge et du savon de Marseille,
_ 2 gourdes,
_ Des vêtements chauds au cas où,
_ Des vêtements de rechange,
_ 2 chaussures ouvertes de randonnée,
_ Un maillot de bain,
_ De la crème solaire,
_ 2 paires de lunettes de soleil,
_ Un baume pour blessure type baume du tigre,
_ Une paire de jumelles.
Matériel que nous aurions pu prendre
_ De l’anti-moustique,
_ Quelques huiles essentielles,
_ Un filtre d’eau,
_ De l’eau ! Type Camel bag,
_ Des chapeaux ou casquettes.

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