Pour ce premier récit sur le Portugal, j’avais envie de me glisser dans les yeux de Rosa et vous conter le pays à travers elle. Rosa n’est autre que ma belle-mère et lors de nos deux semaines de vacances au Portugal, ce fut une véritable chance de l’avoir à nos côtés. Parlant portugais et avec son caractère bien trempée, elle nous a permis de découvrir et comprendre de magnifiques lieux auprès des locaux. Mais elle nous a également emmené dans ses souvenirs au fur et à mesure que nous visitions son pays si cher à son cœur.

L’origine du Portugal

Guimarães place principaleC’est avec fierté qu’elle annonce que son grand-père a posé les dalles qui forment depuis la place principale de Guimarães. Guimarães, ville médiévale et berceau du Portugal, c’est en effet à cet endroit précis qu’est né le Portugal. Un bourguignon y est venu s’installer et épouser la fille du plus riche bourgeois de la ville. Par la suite, il s’est proclamé Roi du Portugal. Au fur et à mesure des années, son territoire alors agrandi, a formé le pays tel qu’on le connait aujourd’hui.

 

 

C’est avec dignité et familiarité qu’elle nous apprend à reconnaître les maisons typiques portugaises. Tout en pierre et de petites tailles. On se rend compte alors de cette différence flagrante. Les maisons de l’époque ont pratiquement toutes étaient agrandi d’un étage, rendant la différence encore plus frappante. Mais c’est ce qui fait la particularité du Portugal.

Maisons portugaises
Maisons portugaises

C’est enfin avec un peu d’embarras qu’elle ne peut expliquer la provenance du coq comme symbole portugais. Alors, Rosa, aujourd’hui c’est moi qui vais vous la conter, car vous avez su tellement me fasciner avec tous vos récits, que j’ai eu envie d’en savoir plus.

Le coq de Barcelos

La légende conte un crime horrible commis dans la ville de Barcelos. Aucun coupable ne fut retrouvé, rendant les habitants préocupés et apeurés. Lorsqu’un matin, un homme de Galice arriva dans la ville, les soupcons portèrent sur lui et il fut arrêté sans preuves. Le jour de sa potence, l’homme demanda de voir le juge qui l’avait condamné. On l’emmena donc à sa résidence et il y trouva le juge accompagné de ses amis. Le gentilhomme clama une nouvelle fois son innocence et montra un coq rôti présent sur la table ; s’exclamant “Il est aussi sûr que je suis innocent, qu’il est sûr que ce coq chantera au moment où on me pendra”. Provoquant les éclats de rire de l’assistance, le condamné fut amené vers la potence. Et au moment même où l’homme allait être pendu, le coq se réveilla et se mit à chanter. Le juge ne douta plus de l’innocence de l’accusé et couru le libérer de son triste sort. Quel ne fut pas alors son étonnement de voir l’homme pendu mais avec le noeud refusant de se serrer. Il le libéra aussitôt et lui rendit sa liberté. Quelques temps plus tard, le Portugal adopta le coq de Barcelos comme symbole pour son histoire morale, optimiste et juste.

Coq de Barcelos – Symbole du Portugal

Les souvenirs de Rosa

C’est avec émotion qu’elle décrit sa vie d’enfant dans un petit village proche de Guimaraes. Rosa a alors cinq ans quand elle quitte le Portugal pour rejoindre son père qu’elle a très peu connu. Il a travaillé en effet en Allemagne avant de venir en France où toute la famille le rejoint. Une mère et déjà huit enfants qui prennent le train. Rosa, au caractère bien présent explique qu’elle ne veut pas quitter son pays. Et c’est entre tristesse et énervement qu’elle entreprend ce long voyage de 20h pour arriver à destination.

C’est avec naturel qu’elle raconte qu’à cinq ans déjà elle changeait les couches de sa petite-sœur en bas âge. Ou que leur voisin offrait chaque semaine une banane à sa petite sœur uniquement. Une banane. Cela a l’air de rien, mais à l’époque c’était un luxe. C’est comme s’imaginer l’acheter 10 euros aujourd’hui…

C’est avec malice qu’elle prend plaisir à nous expliquer ses ruses d’enfants. Le pain étant un aliment sacré du week-end, ses frères et sœurs et elle-même n’avaient le droit qu’à une tranche qu’ils devaient se partager sur deux jours afin d’y tartiner du beurre. Puis, le premier soir Rosavenu, ils devaient faire une marque sur leur bout de pain pour le retrouver plus facilement. Alors, Rosa le trouait tout simplement, tel un gruyère pour que le lendemain elle puisse y mettre plus de beurre sans que personne ne s’en rende compte.

Et c’est avec enfin un peu de contrariété qu’elle avoue son obligeance à baiser la main de son oncle chaque fois qu’elle le voyait. Par respect, par devoir. Mais toujours avec autant de ruse, elle ne le faisait que lors de la présence de son père.

Durant son enfance, c’est tous les étés qu’elle retrouvait sa patrie et sa famille restée sur place. Et aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’émotions qu’elle s’est rendue dans sa ville natale accompagnée de ses quatre enfants, gendre, belles-filles et petits enfants. Sa famille réunie au grand complet.

Je suis contente que l’on soit tous ensemble

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