Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de ce film. Vous aussi surement. Quand je l’ai mis hier soir (ou plutôt quand j’ai enfin réussi à trouver un moment pour le regarder dans mon planning surchargé), je ne pensais pas pouvoir le regarder d’une traite (OUI ! je fais partie de ces personnes dont ça ne dérange pas de regarder un film en plusieurs parties. Et j’assume. Totalement). J’avais accumulé beaucoup de fatigue ces derniers temps. Mais là, je n’ai pas pu me résigner à couper le film. Je n’y ai à vrai dire même pas pensé. J’étais scotchée. Je voulais savoir la suite, la fin. J’ai été bouleversé par ce film grandiose.

 

Impression à chaud

Je suis passée par toutes les émotions. Réellement. L’attachement, la beauté, l’effroi, la peur, la gratitude, la joie, le chagrin, la crainte, le désespoir, l’espoir, l’inquiétude, l’émerveillement, la tristesse, le bonheur et l’amour. Oui, tout cela en un film. Croyez-moi, vous ne serez pas mieux. C’est pourquoi j’ai décidé de vous en parler.
Il m’a fait voyager. A travers un pays. A travers une culture. Une réalité. Et surtout à travers les émotions. Les miennes, mais aussi celles que le personnage a ressenti.

Film Lion

L’histoire

Tiré d’une histoire vraie, nous suivons le parcours, la vie d’un petit garçon d’environ cinq ans, Saroo. Il est issu d’un village assez reculé du centre de l’Inde et même assez pauvre. Alors qu’un soir il accompagne son grand-frère au travail, il s’endort sur un banc en l’attendant. Mais il va se réveiller en plein milieu de la nuit, complètement seul dans cette gare trop grande pour lui. Pris de panique il va se réfugier dans un train. Un train, qui, sans qu’il le sache va le conduire à 1 600 kilomètres de chez lui…
Il se retrouve alors encore plus seul que jamais. Errant dans la rue, manquant de peu d’être embarqué dans un gang, pour finalement avoir la chance d’être adopté par une famille australienne… jusqu’à ce qu’on son passé refasse surface 25 ans plus tard.

Les thèmes abordés

L’espoir

C’est ce qui m’a le plus marqué dans ce film. Car l’espoir transpire dans presque toutes les scènes du film. L’espoir de pouvoir rentrer alors qu’il se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui. L’espoir de retrouver sa famille 25 ans après être parti. Mais aussi l’espoir de la mère biologique qui attend sans bouger de chez elle, au cas où il revienne. C’est prenant et on a envie que cela fonctionne. On est pris dans l’histoire, on y croit. On veut qu’il les retrouve alors que deux décennies séparent le début de la fin. Deux décennies qui évoquent forcément deux façons de vivre complètement différentes. Deux cultures que tout oppose. Une technologie qui a évolué. Et pourtant on ne peut pas s’empêcher d’espérer avec lui.

 

 

L’amour

Là aussi c’est un thème omniprésent. L’amour de son frère qui le protège tout en essayant de faire vivre sa famille. L’amour de ses parents adoptifs qui vont le soutenir jusqu’au bout. Mais aussi l’amour de sa mère biologique, inconditionnelle, intemporelle. L’amour que Saroo éprouve pour ses deux familles, indescriptible, inséparable. C’est beau. Tout simplement beau.

 

L’Inde et sa réalité

A travers ce film nous assistons à une autre vision du pays. Certes, on se doute bien que toute l’Inde n’est pas aussi riche que Calcutta et que des différences existent. Mais, ici, on découvre une Inde pauvre, persécutée, abandonnée. Tour à tour, Saroo avec son intelligence incroyable va se sortir de situations inespérées. Rencontrer un monde complexe et dangereux où cruauté peut rimer avec violence. Il va découvrir un monde rempli de malfaiteurs qui s’emparent des enfants pour les donner à des gangs. Et ce qu’il va vivre à seulement cinq ans, peu de monde aurait pu en faire autant.

Il va se retrouver perdu dans une ville qu’il ne comprend pas, où personne ne lui vient en aide si ce n’est pour lui apporter un destin plus funeste encore. On a du mal à faire face à ce genre de scène. J’ai été sidéré par la cruauté dont les personnes peuvent avoir parfois. C’est un peu chacun pour soi. C’est là qu’on se rend compte de la pauvreté morbide de ce pays.

 

Je n’ai pas forcément d’autres thèmes à aborder. Ceux-ci se suffisent en eux-mêmes et je ne tiens pas à faire un inventaire journalistique ou cinéphile du film. Car il est à la fois simple et complexe.
Simple pour la réalité de l’histoire. Complexe pour la dureté et la souffrance que Saroo a dû ressentir. Le tout combiné donne un film vraiment beau.
Epoustouflant et beau.
Complexe mais simple.
Contradictoire n’est-ce pas ? Regardez-le, vous comprendrez.

 

Quelques mots sur le réalisateur

Garth Davis est un réalisateur australien de films pour la télévision comme pour le cinéma. Il est connu principalement pour sa série Top of the Lake sorti en 2013.
Chaque année, 80 000 mineurs sont portés disparus en Inde. En réalisant ce film, il a décidé d’œuvrer pour soutenir les enfants. Il s’est notamment associé à diverses associations qui travaillent à protéger les enfants partout dans le monde. Tout le monde peut d’ailleurs participer en aidant financièrement ces associations. Un site a spécialement été créé à la suite du film : http://lionmovie.com/#charity

 

Le film nous apprend également que depuis le début Saroo prononce mal son nom.
Il s’appelle en réalité Sheru.
Qui signifie Lion.

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