Carlos Ruiz Zafon est un de mes auteurs coup de cœur adolescent. Ma rencontre avec ses romans fut l’œuvre du hasard et j’en suis vraiment tombée amoureuse dès lors. De son style, de sa façon d’écrire et de nous immerger, de créer une atmosphère tout en décrivant les lieux et les paysages de façon très réalistes.
C’est donc tout naturel pour moi de vous en parler dans une de mes curiosités, car il vaut vraiment la peine d’être connu. Encore plus si on aime voyager et être transporté dans le temps et l’espace sans même sortir de chez soi.

Aujourd’hui ce n’est pas un, mais trois livres que je vais vous présenter. Tous unis par une étrange brume, une ombre sombre, maléfique et fantastique venant hanter les personnages.

 

Impression à chaud !

C’est le genre de livre qui se lit très rapidement. En moyenne 200 pages. Même si l’intrigue prend son temps pour vraiment s’installer, une fois captivé c’est très dur de détourner son attention de ses quelques feuilles noircis avec justesse. Longtemps considérés comme des livres jeunesse, ils sont aujourd’hui reconnus comme roman pour venir toucher un public plus large.

C’est une histoire qui se situe entre le fantastique et l’aventure. Bien évidemment il s’agit d’une œuvre de fiction, mais elle reprend des faits historiques notables et importants. Notamment les deux guerres mondiales.

Tour à tour, on découvre l’Angleterre, puis l’Inde et enfin la France. On est confronté à des lieux uniques, peu connus ni fréquentés et même oubliés des touristes. Comme un appel au voyage, ces trois livres ont le don de nous transporter, si ce n’est réellement sur place, dans les sentiments de l’amitié et de l’amour, plus forts que tout.

 

L’histoire

Le scénario est à chaque fois le même.

Des jeunes gens qui se rencontrent, amis pour la vie ou nouvelle love story (attention, rien à voir avec Gossip Girl, on reste dans le début du 20ème siècle). Une brume apparaît alors et un personnage clé en est la raison. Il donne quelques détails sur son passif et la présence de cette masse noire inquiétante, mais toujours en déformant la vérité pour mieux la révéler par la suite quand il se retrouve pris au piège par son propre jeu. C’est un peu le chat qui se mord la queue ou notre ombre qui poursuit notre corps sans jamais nous atteindre, mais bel et bien là, pour rester dans le thème. Nous ne pouvons l’éviter.

Le Prince de la brume se situe en Angleterre en plein pendant la 2ème guerre mondiale. Une famille se réfugie sur une petite île afin de ne pas subir les conséquences graves du conflit et se construire une nouvelle vie. Malheureusement une brume, un démon les a précédés et la malédiction qui pèse sur leur nouvelle maison attend son accomplissement.

Avec Le Palais de minuit, nous découvrons l’Inde et ses rites sous l’occupation anglaise. Mais plus particulièrement Calcutta en 1916. Des jumeaux séparés par un drame, une ombre maléfique qui les réuni 16 ans plus tard, un train en feu qui attend sa libération… Entre mystère et crime pernicieux, les personnages déambules dans les ruines de la gare abandonnée Jheeter’s Gate pour révéler le mystère brumeux qui entoure le bâtiment.

Enfin, la France est mise en valeur dans Les Lumières de septembre et plus particulièrement la Normandie. 1937, un temps d’avant-guerre et des plages pour faire en sorte que les vagues emportent à jamais les souvenirs tragiques de la famille Sauvelle. Malheureusement, leur présence va réveiller une ombre malfaisante oubliée depuis 20 ans, venu reproduire les mêmes événements tragiques jusqu’aux Lumières de septembre, grand événement de la ville marquant la fin de l’été.

 

Les thèmes abordés

L’importance de l’amitié

Plus que l’amour, l’amitié est réellement mise en avant. Certes de jeunes couples tombent amoureux parfois, mais c’est bel et bien l’amitié première qui les a liés. A noter également que ce sont principalement des amitiés nouvelles qui sont mises en avant. Le genre d’amitié très forte qui unie rapidement.

Le courage et le monde de l’enfance

L’auteur fait ici un joli pied de nez aux stéréotypes sur les jeunes. Les trois livres ont été écrit dans les années 1990 et pourtant ils font écho à une vision encore actuelle :

A son âge -16 ans dans le livre- apparemment on se baladait a bicyclette, on rêvassait et l’on observait le monde en attendant que le monde commence à vous observer.
– Les Lumières de septembre

Citation que l’on pourrait facilement remplacer par portable, internet ou jeux-vidéos pour ne citer que les plus connus. Comme si les jeunes étaient dénués de projets, de bonnes intentions, sans idées ni désirs. Dans ces livres, c’est tout le contraire.

Les jeunes sont courageux, vont au-delà des dangers, mettent l’amitié et la famille en avant et viennent en aide. Une jolie morale pour chaque histoire. D’ailleurs, l’auteur le dit lui-même en début de livre. Il a écrit ce livre en pensant à ce qu’il aurait aimé lire quand il était lui-même adolescent.

Le mensonge

Je vais essayer de vous parler de ce thème sans trop rentrer dans les détails pour ne pas vous spoiler l’histoire. Comme je vous le disais en début d’article, certains personnages de ce cycle déforment la vérité ou ne disent pas tout par peur. Mais cela a des effets néfastes et empirent bien souvent les choses. Cela s’explique en partie par la présence de cette brume, à la limite du fantastique qui représente les peurs que nous avons et qui poussent les personnes à mentir.

A noter de plus que ce sont bien souvent les adultes qui mentent. Peut-être est-ce encore une volonté de mettre en avant les jeunes. Surtout à l’époque où l’on préférait ne pas tout dire aux enfants pour les protéger. Ici l’intrigue et la résolution finale montrent que les enfants sont plus forts qu’on ne pourrait le penser.

La solitude

Celui qui prétend que l’enfance est le temps le plus heureux de la vie est un menteur ou un imbécile.
-Le Palais de minuit

C’est une phrase qui m’a marqué, car c’est vrai que l’on compare parfois la jeunesse à la meilleure période de notre vie. Avec ces simples mots, le personnage et l’auteur démontrent le contraire.
J’irai même encore plus loin en disant que le voyage nomade est montré négativement. Ce qui est rare, surtout de nos jours où le voyage est montré comme une libération. Mais cela s’explique, car la personne subie le voyage et est toujours en fuite. Elle rencontre tout le temps de nouvelles personnes, n’a pas d’amis réels, change de maison tout le temps et n’a pas de lieu fixe où s’établir. Et c’est vrai que j’ai parfois eu ce ressenti moi-même. Surtout lors de mon voyage en Irlande. A la fin j’étais lasse de toujours raconter à de nouvelles personnes d’où je venais, ce que je faisais, pourquoi… J’avais envie de voir des personnes que je connaissais déjà pour leur raconter de nouvelles choses ou simplement parler de tout et de rien.

Alors, oui la solitude est beaucoup mise en avant dans les livres et les personnages doivent affronter un nouveau défi. Celui de ne pas rester terré dans le passé et d’aller de l’avant pour continuer à vivre.

 

L’empreinte du souvenir ne connaît pas de frontière.
– Les Lumières de Septembre

 

Quelques mots sur l’auteur

Carlos Ruiz ZafonCarlos Ruiz Zafon, auteur espagnol est notamment devenu célèbre par son livre « L’ombre du vent » qui est également le premier que je l’ai et qui m’a fait tomber amoureuse de ses mots.
Il aime mêler les romans entre eux et fait ressurgir un point commun dans ses trilogies. Dans celle que je vous ai présenté aujourd’hui il s’agit bien évidemment de la brume, mais dans la série le Cimetière des livres oubliés il fait se croiser les personnages entre les trois livres. Il vit aujourd’hui à Los Angeles et personnellement, j’attends son prochain roman avec impatience.

Je vous laisse avec quelques mots de l’auteur. Ce genre de phrase qui transporte et nourrit notre envie de lire.

 

Je souhaite à tous mes nouveaux lecteurs de prendre autant de plaisir à ces romans que lorsqu’ils ont commencé à s’aventurer dans le monde des livres. Bon voyage. 
– Carlos Ruiz Zafon

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