– A 15km de chez toi ? Mais il y a quoi ?
– Tu fais bien de me poser la question, je voulais en parler depuis longtemps ! Il y a Crémieu, un village méd….
– C’est une crémerie ?! 😀

Oui, bon non en fait. Aujourd’hui je vous emmène à la découverte de Crémieu. Petit village médiéval à fort potentiel bien connu des Isérois, mais peut-être inconnu pour vous qui me lisez.
Alors, suivez-moi, c’est parti, on part à la découverte de Crémieu, comme si on y était.

Crémieu, la médiévale

© naturalistes du bugey
© Naturalistes du Bugey

Avant d’arrivée au village, vous verrez tout de suite la différence et le charme qui entoure Crémieu. En effet, déployée entre la colline Saint-Hyppolyte et la colline Saint-Laurent, vous allez d’emblée apercevoir ces hautes falaises encerclés de bois.
Vue du ciel, l’effet est encore plus impressionnant où l’on peut entrevoir tout en bas ces quelques vestiges de remparts piqués de tours et distinguer à l’horizon des murs de pierres tel des bâtisses moyenâgeuses plus belles les unes que les autres. Vous n’aurez qu’une hâte ensuite, c’est d’y mettre les pieds. D’ailleurs, un petit tour en voiture va vous convaincre de vous arrêter.

 

Le cœur fortifié du village

Nous voilà donc fin prêts. Vous allez être tentés de vous rendre sous les halles féodales, mais croyez-moi, mieux vaut garder ce chef d’œuvre, promesse d’une vie d’antan, pour la fin.
Au contraire, dirigeons-nous en plein cœur du centre en traversant notre premier rempart. Nous sommes ainsi protégés par les fortifications, prêts pour une immersion totale. La grande porte, vous ne la franchirez à nouveau qu’une fois votre soif d’imagination assouvie. Et ce ne sera peut-être pas la même d’ailleurs, c’est un rempart je vous ai dit !

Après être rentrés, vous serez alors directement assailli par les rues pavées, les murs rocheux d’époque, les rues de couleurs pastel et les enseignes des commerces et ateliers en fer forgé. Les portes joliment sculptés, les volets anciens…vous allez être subjugués.

Ici commence l’initiation. Vous allez vous voir en dame de cour ou en valeureux chevalier venu faire ses emplettes au village. Tout ici vient vous rappeler cette époque. N’ayez pas honte de laisser aller vos envies et vos goûts. Puis, très vite, vous allez vous approcher de ses ruelles qui montent et qui descendent. Vous obligeant à grimper, grimper, pour mieux dévaler les pentes. Entre temps, une vue globale et infinie sur le village et les montagnes auront su vous captiver. Vous prendrez d’ailleurs plaisir à admirer le paysage que le village vous offre. Le temps ne comptera plus, vous serez entièrement subjugué par la beauté et l’histoire de cette commune qui s’ouvre à vous.

Le couvent des Augustins

Nous passerons voir le couvent des Augustins, avec son petit cloître où le temps s’arrête pour quelques instants. Vous verrez, c’est un lieu où chaque particule semble palpable. Vous allez  vous imaginer aisément aux côtés de ces moines foulant le sol, à la recherche du meilleur endroit pour méditer. Ce cloître rayonne en effet d’authenticité, de dévotion et de contemplation.

Fondé en 1317, par le Dauphin Jean II, le couvent des Augustins fut agrandi et embelli par son fils Humbert II. Ce couvent fait office aujourd’hui de lieu pour la Mairie qui s’y est installée. Deux salles sont par ailleurs ouvertes aux visites : la salle du chauffoir dont l’immense cheminée servait à chauffait les cellules des moines. Et la salle du chapitre qui est l’actuelle salle du Conseil Municipal. Elle est devenue aujourd’hui la salle d’apparat de la commune où l’on peut observer son magnifique plafond à caissons de la Renaissance, ses stalles de chêne, ses tableaux, ses armes de l’époque révolutionnaire et son armure du 16ème siècle. Salle qui, d’ailleurs, s’ouvre sur le Cloître.

 

Le Cloître
Créé au 17ème siècle il fut un temps renouvelé en prison lors de la Révolution. Mais c’est bel et bien un lieu de culte et de méditation avant tout. Nous pouvons même retrouver sur les dalles funéraires des symboles religieux ou de corporation encore gravés.

 

Si le cœur vous en dit, il vous sera même possible de vous y arrêter quelques instants pour méditer à votre tour.

Les halles

Enfin nous allons nous diriger vers le plus bel endroit du village : les halles qui datent du XVème siècle. Préparez-vous à en prendre pleins les yeux. Ou plutôt imaginez, humez, suscitez vos sens et laissez-vous guider par l’atmosphère des lieux.
Imaginez les habitants qui s’apprêtent de stand en stand, courant pour s’abriter de la pluie ou se reposant un peu à l’ombre.
Appréciez le défilé de couleurs des marchands, inhalez les bonnes odeurs qui ressortent çà et là, faites-vous tout petit au milieu de cette foule… Ca y est vous y êtes ? L’imprégnation est totale !
Vaste et impressionnante, cette halle n’a pas changé de fonction ni d’aspect depuis plus de 500 ans.
Aujourd’hui elle accueille les diverses animations de la ville. Un petit marché de Noël l’hiver. L’été, les touristes viennent s’y promener ou se poser en terrasse des restaurants. Et le moment le plus opportun (mais pas le plus calme) pour venir y faire un tour, c’est lors des fameuses fêtes Médiévales… On y arrive, c’est promis. Je vais tout vous raconter. Plus l’attente est longue, plus le ressenti sera délicieux et l’envie immense.. Je vous laisse imaginer en attendant.

Le château Delphinal et le Prieuré des Bénédictins

Maintenant que vous vous êtes bien imprégnés du village, nous allons prendre un peu de hauteur et visiter ces deux collines qui entourent les Crémolans (Dieu que ce nom sonne doux et poétique à mes oreilles…)

Commençons d’abord par le château Delphinal qui se trouve sur le point culminant de la colline Saint-Laurent, comme en suspension sur un rocher immense. En effet, tout autour, nous pouvons voir la falaise abrupte sur lequel le mur d’enceinte a été construit. Croyez-moi, vous n’aurez pas trop envie de vous pencher. Par contre, vous pourrez observer une jolie vue sur Crémieu depuis la place devant le château que nous pouvons aisément imaginer en balcon.
Malheureusement, vous ne pourrez pas le visiter, car il appartient à des propriétaires privés. Mais ça vaut quand même le coup de monter le voir, ne serait-ce que pour tous ces petits chemins que vous allez devoir emprunter et qui sont encore plus d’ouvertures à l’imagination.

Le château Delphinal fut érigé au XII et il devient très vite la propriété du Dauphin, premier fils du roi de l’époque. En 1282, la ville entre dans le domaine Delphinal et se trouve désormais en lutte avec la Savoie. Les fortifications du château protègent alors les habitants de cette lutte acharnée… jusqu’en 1601 où Lyon met fin à cette guerre civile de part un traité. Les fortifications telles qu’elles le sont n’ont alors plus d’intérêt et sont vite désertés. Son état déplorable quelques années plus tard lui évitera la destruction, nous permettant ainsi d’en admirer son passé. Il fut par la suite restauré au XXème siècle.

 

Direction ensuite le prieuré des bénédictins qui se trouve sur la colline Saint Hypolite. En soit, vous allez redescendre pour mieux remonter à quelques pas du village.
Vous y trouverez là les ruines de ce qui fut le prieuré, vestiges d’un passé important. Vous imaginerez les moines monter au clocher pour y sonner chaque heure de la journée. Ou bien vous verrez apparaître de temps à autre les soldats du Dauphiné venus surveiller la ville durant la guerre entre la France et l’Italie. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que des remparts protégeaient autrefois cette colline.
Malheureusement, le prieuré fut abandonné au début du 13ème siècle, les moines lui préférant l’abbaye mère du village de Saint Chef à quelques kilomètres d’ici.
Heureusement, vous êtes maintenant bien armés en imagination pour les apercevoir bien des années après. On dirait que l’initiation se termine…vous êtes désormais… de vrais Crémolans du Moyen-âge.

© Voyages passion de Marie

© Voyages passion de Marie

Crémieu, sa vie, son histoire
La première mention de Crémieu dans l’Histoire de France apparaît au XIIème siècle et sera rattaché au Dauphiné en 1282. La ville prendra racine sous les murailles du château Delphine durant le XIIIème siècle, puis très vite entre les deux collines.
Chef-lieu d’une châtellenie, elle va jouer un rôle militaire de défense importante entre la Savoie et le Dauphiné.
Durant deux siècles, l’aisance de Crémieu va instaurer un nouvel élan défensif mis en place entre les deux collines et une nouvelle halle va venir remplacer le marché créé en 1314. Celui-là même qui verra un centre de commerce des grains se créer entre la France et la Savoie, la Suisse et l’Italie.
Vers le XVIIème siècle, des ordres religieux et confréries vont à leur tour prendre racine dans le village dont l’activité commerciale fléchie : Capucins, Pénitents Blanc, Visitandines et les fameuses Ursulines). Mais le déclin économique reste présent, incitant les habitants à développer l’industrie du textile et du cuir.
Au XVIIIème siècle, Crémieu va alors commencer à séduire les peintres paysagistes et les amateurs du pittoresque.
« Ancrée dans une histoire qu’elle a toujours su renouveler entre tradition rurale et élan moderne, Crémieu offre aujourd’hui un patrimoine exceptionnel sans cesse redécouvert et réhabilité. » Office de tourisme de Crémieu.

 

Crémieu, au pays des saveurs

Les Ursulines

Une fois notre tour du village terminé, il est temps de passer aux choses sérieuses. Après l’effort, le réconfort comme on dit souvent. Nous allons donc faire un tour des saveurs que Crémieu a à nous offrir.
Commençons par la brasserie artisanale « Les Ursulines ». Elle se trouve non loin des fameuses halles que nous avons quittés il y a peu (eh oui, on suit là-bas au fond !). Et en même temps que votre nez va être transporté par mille sapidités et que vos papilles vont exploser de bonheur, vous allez être émerveillé par cette ancienne chapelle du couvent des Ursulines qui abrite désormais la brasserie.
Ce bâtiment qui fut tour à tour, une école, puis une fabrique de chaussures avant d’être désaffecté et ruiné a été repris par Olivier Bourgaud qui a su créer une bière artisanale dont le succès ne fait que grandir.

Les bières sont vraiment très bonnes et diverses ; des blanches, des blondes, des dorées, des ambrées, des brunes, de Noël, de Printemps ou même la « Médiévale » en hommage au village. Vous l’aurez compris, les Ursulines à Crémieu c’est une tradition. Pour le plus grand plaisir des locaux comme des touristes. Il vous faut en boire une au moins une fois dans votre vie ! Ne serait-ce que pour dire « mon initiation fut totale au village de Crémieu ».
Alors, c’est parti ! D’ailleurs, cela tombe bien puisque la brasserie prévoit une visite des caves. Nous allons donc essayer de percer le secret de fabrication de cette bière…

Quoi ? Comment ça c’est impossible ! Ils ne veulent pas nous le dire. Mais non ! J’ai promis une visite complète de Crémieu… comment être crédible si je ne leur dévoile pas tout ?
Mais… non… attendez…je…que… Bon d’accord, après tout pour être aimé, il vaut mieux être discret et susciter l’envie. Il parait que c’est ça le véritable secret…

Infos pratiques
4, côte Chausson 38 460 Crémieu
04 74 83 60 35
contact@biere-les-ursulines.com
www.biere-les-ursulines.com

La brasserie est ouverte du mardi au dimanche de 16h à 20h sauf le samedi où elle ferme ses portes à 23h. Des visites sont possibles tous les jours sauf le lundi à 17h. Gratuites, il n’y a pas besoin de réserver, ni de prévenir. Sauf pour les groupes, où là il vaut mieux appeler.

Le sabodet

Maintenant que nous avons bien bu, il est temps d’aller s’éclater la panse avec un bon saucisson local : le sabodet. C’est en réalité une spécialité charcutière à cuire que l’on déguste avec une salade et des patates douces. Ou bien des lentilles. Chacun ses goûts on ne va pas chipoter !
Ça donne envie n’est-ce pas ?  🙂 Alors, à nos papilles !

La foyesse

Place au dessert ! Oh, grand sacrilège, on ne finit jamais un repas sans un dessert voyons. Peu importe ce qu’en dit ma belle-famille, terminer son repas par une petite douceur c’est une institution pour moi. Crémieu ne va pas déroger à la règle.
Nous allons donc nous diriger vers la boulangerie la plus proche et déguster une foyesse !
Cousine de la tarte au sucre, elle est en réalité bien plus moelleuse. Un peu comme brioche, me direz-vous. Mais non ! C’est une foyesse je vous dis, alors on savoure J

Nota : je n’ai pas encore tout goûté si ce n’est la bière (c’est ça d’avoir un copain qui ne jure que par les brasseries artisanales 😉 ), mais je vous promets que ce sera bientôt et je pourrais vous en parler avec plus d’authenticité. Eh oui, en l’occurrence, je ne pouvais pas faire un article complet sur Crémieu sans vous en parler !
D’ailleurs, si vous avez eu la chance d’en déguster avant moi, je vous invite à me faire envie (ou pas) en me faisant part de votre expérience !

 

Crémieu, comme un retour au Moyen-Age

Si cette petite immersion imaginative ne vous a pas rassasié, vous avez la chance de pouvoir jouer le jeu à fond lors de la fête des Médiévales qui a lieu chaque année au mois de septembre depuis 15 ans !
Au programme, parades, camp de lépreux, danses médiévales, déambulations, lanceurs de drapeaux, tournoi de chevalerie, camps de vie, marché d’artisans et un grand banquet médiéval comme à l’ancien temps… Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai qu’une envie, c’est d’aller y faire tour !
2017 verra le premier quinquennat. Un événement à ne pas manquer auquel je vais participer. Rendez-vous les 9 et 10 septembre prochain.
Je vous laisse donc en image histoire de vous donner envie, en attendant les miennes 🙂

On se retrouve à Crémieu ? On se retrouve à 15km de chez moi ? Venez, je vous attends…

Concours 

Guide Gallimard

 

Pour remporter ce guide, il vous suffit de commenter sous mon billet (ou sous l’un des autres articles du rendez-vous) ET de commenter sur la page Facebook du rendez-vous #EnFranceAussi, (en indiquant le blog sur lequel vous avez commenté) jusqu’au 20 septembre 2017.

 

 

 

 

 

 

Cet article a été créé notamment dans le cadre de ma participation à un rendez-vous mensuel de blogueurs et blogueuses voyage #EnFranceAussi !
Il a été créé par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs. Il permet aux participants ainsi qu’aux lecteurs de découvrir un coin de France grâce à un thème différent proposé chaque mois. Et pour en avoir lu quelques-uns, on trouve de vrais petites pépites dans ces articles!
Ce mois-ci, le blogueur du mois (en l’occurrence la blogueuse) qui a eu le droit de choisir le thème est Mitchka du blog Fish&Child. Le thème choisi est : « A 15 km de chez moi il y a ».