Le lundi 8 mai dernier j’ai eu envie de célébrer la fin de la 2ème guerre mondiale différemment, de consacrer un jour férié de façon unique… Et surtout d’en savoir un peu plus sur les sites isérois marqués par la guerre. Après tout, l’Isère est devenue mon lieu de résidence maintenant 🙂
Pour cela j’ai participé à la course de la résistance qui est une course à pied et cyclo touristiques comprenant des parcours plus ou moins longs et plus ou moins difficiles. Retour donc sur cette première expérience vélo organisée.

 

L’origine de la Course de la Résistance

Le 8 mai, ce n’est pas qu’un jour férié

Course de la résistanceCréée en 2015, la course de la résistance a pour ambition le mélange d’un événement sportif et culturel. Le but est de rappeler le sens historique du 8 mai tout en le couplant avec des défis sportifs. Cette course passe donc chaque année par des sites emblématiques de la seconde guerre mondiale en Isère.

 

Le 8 mai : jour de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie en 1945.
L’Isère : département marqué par les oppositions au nazisme.

En 2015 et 2016, la course s’est arrêtée sur Grenoble et ses alentours.
Et en 2017, ils ont mis en avant le Parc Naturel Les Chambaran. Un des terreaux de la Résistance Iséroise, dans lequel ils ont tracé quatre lieux historiques emblématiques du département. Je vous en parlerai plus en détails dans un autre article, mais en voici les grandes lignes.

Tout d’abord, St-Etienne de St Geoirs qui abrite la maison de Rose Valland, une des figures emblématiques de la résistance civile. Puis le château de Murinais, lieu d’une résistance intellectuelle suite au remplacement de l’Ecole Nationale des cadres de l’Etat français par une école de la Milice. Ensuite, Morette. Villa de refuge où a séjourné Yves Farge qui collabore avec les premiers journaux de la résistance. Et enfin, la Forteresse, petit village qui devient un poste émetteur clandestin. Toutes les informations du département vont converger vers ce lieu avant d’être envoyées à Londres.

Ayant discuté un peu avec des bénévoles à mon arrivée de la course, j’ai appris que nous étions plus de 700 participants aux différentes courses cyclo et plus de 200 pour les parcours courses à pied. Un joli chiffre en partie grâce au temps clément comparé aux jours de pluie ayant précédés la course. 200 participants la veille du départ c’est plus de 500 personnes qui se sont inscrites le jour même ! Plutôt impressionnant.

Les Chambaran

Le parcours cyclo touristique

Etant plus vélo que course à pied avec Guillaume, on s’est donc lancé sur le parcours vélo ! Plus de kilomètres, plus de paysages et l’avantage de pouvoir se reposer en descente 😉

Mais c’était sans compter sur mon analyse un peu naïve de l’événement. Je vois « parcours vélo » je fonce ! Oh mais c’est qu’il y a une grande différence entre vélo de route et vélo tous terrains-VTT ! Oui oui oui ! Et bien sûr je m’en suis rendue compte après les 20 premiers km. Ce serait trop simple sinon. Il y avait pourtant des signes avant-coureurs. Ne serait-ce que les « parcours cyclo » mentionnés sur les emails reçus.

Je crois que le pire dans tout ça c’est que nous avions délaissés la course de 45km au profit de celle de 70km. Un défi, une envie de se surpasser et la volonté de parcourir tous les hauts lieux de la résistance. Il y a eu pourtant des recommandations. Par des habitués de grands parcours vélo. La famille ou les amis nous traitant de fou.

Il vaut mieux faire 45km en entier que seulement 70km où vous abandonnez.

Mais c’est qu’on est têtu chez Regard Lointain ! Alors, lundi matin à 8h on était sur la piste de départ pour les 70km. Même à 10km/h, on avait toute la journée devant nous pour ne pas finir à la tombée de la nuit et accessoirement rentrer en voiture chez nous. On s’est lancés, hésitants mais déterminés 🙂

Le parcours en détail

Il y avait quatre parcours cyclo en tout. Signalés par un repérage couleurs. Tous partant et revenant au même point.
Le parcours vert de 45km filait directement vers le col de toutes Aures pour rejoindre directement Notre-Dame de l’Oisier, Morette et la Forteresse.
Si vous suivez bien jusqu’à maintenant, vous avez donc compris que nous sommes partis sur le parcours bleu des 70km. Il ne suit que pendant 4km le parcours vert et file directement vers Roybon, Bressieux, Murinais, Varacieux pour terminer sur le même chemin que le vert.
Ensuite, le parcours rouge de 85km qui se détache du parcours bleu en partant vers le col de la Madeleine et Saint-Apollinard pour rejoindre les parcours bleu et vert.
Et enfin, le parcours noir qui suit le même tracé que le rouge à ceci près qu’il se rajoute une petite boucle par Vatilieu, Quincieu et le col de Lachard. Il rejoint par la suite le parcours vert et finit comme tous les autres parcours.

Je rajouterai également que l’organisation de cette course est vraiment bien faite. L’équipe et tous les bénévoles sont très accueillants, on peut parler avec eux, poser des questions sans soucis. Je les ai eu plusieurs fois au téléphone, ils ont été très patients avec moi. Alors vraiment bravo ! Vu le nombre de participants, c’était vraiment un boulot titanesque et vous avez géré.

Mon avis sur la course

70 km à parcourir 50 km parcourus environ 1 000m de dénivelé positif environ aussi 6 h 30 de vélo -dont 1h de marche à pied environ 2 jours pour se remettre des courbatures

Alors, au final quelle impression j’en garde de cette course ?
C’est un bilan autant positif que négatif. Et je retiendrai pour chaque, deux points principaux.

La déception du parcours

  • Les hauts lieux de la résistance peu mis en avant durant les parcours

Les ChambaranJ’avoue avoir voulu participer à cette course en grande partie pour l’aspect historique de la commémoration du 8 mai. Ils nous avaient annoncés quatre lieux historiques tel que présentés en début d’article. Et je pensais qu’à chacun des endroits où nous allions passer, nous aurions plus de détails sur les lieux historiques. Que nous passerions vraiment à côté des habitations, que nous aurions un descriptif, un parcours détaillé. Mais non. Ou alors je ne l’ai pas trouvé. Voir pas cherché à cause de la fatigue. Et je trouve ça dommage, car le sujet de cette course est passionnant et unique. C’est vrai que j’aurai pu chercher les informations moi-même en amont, mais je m’attendais à des animations sur place dédiées à ces endroits. C’est donc un petit bémol que j’émets.

  • Un parcours trop cyclo.

Mais là je n’ai aucune excuse si ce n’est que je suis tête en l’air, car c’était bien spécifié dans les emails. Je suis encore novice dans l’art de manipuler le vélocipède et on commence tout juste avec Guillaume à se lancer dans des randos VTT perdus dans les bois. Quand je vois vélo, je ne fais pas gaffe à sa terminologie cyclo ou VTT ? Ça ne m’est même pas du tout venu à l’idée. Il faut croire que c’est ce genre d’expériences qui nous incite à être plus vigilants par la suite. Et comme on dit « l’expérience forge la jeunesse ».

Un parcours trop cyclo touristique donc. Et après deux montées de 10km avec dénivelé positif ; on en a eu un peu marre de simplement pédaler. Grimper des montées qui s’étalent, qui s’étalent à n’en plus finir pour des descentes aussi petites et ridicules que mon expérience de la rando vélo 😉
Quand je pédale, j’aime avoir une variété de terrain, passer en pleine forêt, sous les bois, dans la caillasse comme sur la route… Ce sont des occasions pour découvrir de nouvelles vues, des maisons magnifiques et des passages insolites.

Une expérience toutefois enrichissante

  • Un kilométrage jamais atteint

Les ChambaranEn quoi est-ce positif vous allez me dire ? Car nous avons pris la décision et fait le choix de ne pas continuer la course comme elle était tracée. Nous ne nous sommes pas bornés à continuer alors que nous ne prenions clairement pas notre pied. Et même si ça parait peut-être assez évident comme décision pour vous, pour moi qui suis une pro de l’indécision, ce fut une libération de faire ce choix. Autrement, je me serais résignée à les faire ces 70km. A noter toutefois qu’à partir du moment où nous avons pris cette décision, toute motivation s’est un peu envolée et  la douleur a commencé à sévèrement poindre le bout de son nez.

Honnêtement, après deux cols de 10km et à seulement un quart du parcours réalisé, nous avons appris qu’il y avait encore deux autres cols de la même envergue. Nous avons donc suivi, comme à notre habitude lors de nos sortis randos, ces jolis panneaux jaunes nous indiquant la même destination, mais en coupant court la montée qui nous attendait autrement.

Ce fut le plus intéressant de cette course pour nous. Enfin, nous avons parcouru des petits chemins, traversés des sous-bois et découverts des endroits insolites à coup de maisons en pierre et jardins fleuris comme on les aime. Clairement, le genre de choses qu’on ne voit pas en suivant simplement la route. Et c’était ça que nous recherchions. En dépit de ma mauvaise lecture et interprétation de cette course. Ça m’apprendra tiens ! Et en attendant ça aura au moins eu le bénéfice de me muscler les cuisses !

  • La découverte de magnifiques paysages

Malgré un froid de canard. Un vent peu présent dans les montées qui nous faisaient suer à grosse goutte, mais qui se rattrapait largement en descente pour nous frigorifier toutes les extrémités de notre corps… On a été servis ! Nous sommes passés par des endroits vraiment jolis. Entrecoupés de fleurs de printemps, arbres et grandes routes. Monter en altitude c’est fatiguant, surtout à vélo, mais au final une vue incroyable se dégage et on envie les personnes qui ont osé bâtir leurs maisons aussi hautes. Rien que pour ça je suis contente de vivre en Isère maintenant. Diversité des paysages, vue à couper le souffle, des surprises à chaque route, un mélange de lacs, montagnes, forêts… Je m’en lasse pas et j’ai encore tant à découvrir et à vous raconter 🙂

Même si le temps n’était pas au rendez-vous, car nuageux et frileux. Les vues panoramiques promettent de belles découvertes en été et ce n’est pas impossible que j’y retourne un jour. Peut-être pas à vélo cette fois-ci 😉
L’année prochaine, la course de la Résistance a annoncé de nouveaux chemins. Avec, qui sait, un nouveau parcours, mais VTT cette fois ?

Commentaires

Commentaires